PostHeaderIcon Oraison funèbre

Du TRP Emmanuel Komlan Vossah

Vicaire Général et Recteur du Moyen Séminaire Saint Daniel Comboni de Vogan.

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Excellences Nos Pères Evêques
TRP Vicaires généraux et épiscopaux
RP Membres du Conseil des consulteurs
RP Membres du Conseil Episcopal,
RP Membres du Conseil presbytéral.
RP Secrétaire National de la Fraternité des Prêtres Diocésains du Togo et les membres du bureau national.
Distinguées personnalités ici présentes, tous protocoles confondus et respectés ;
Vous tous chers confrères ici présents.
Révérends frères et sœurs de la vie consacrée.
Chers frères et sœurs dans le sacerdoce baptismal et vous hommes et femmes de bonne volonté ici présents ou en communion avec nous sur les ondes par les médias.

Au nom de la Fraternité des Prêtres du Diocèse d’Aného, de tous les séminaristes, des formateurs et des professeurs du Moyen Séminaire Saint Daniel Comboni de Vogan, je prends la parole pour les derniers adieux à notre illustre disparu.

Une fois de plus, la mort vient de frapper durement dans notre fraternité diocésaine. Notre confrère et grand-frère, le TRP Emmanuel Komlan Vossah, Vicaire Général et Recteur du Séminaire Saint Daniel Comboni, vient de nous quitter, au matin de ce 15 janvier 2014 au moment où les Pères Benoît Amétépé, Joseph Adandohoin et Jérôme Tanguy le transportaient de toute urgence à l’hôpital Saint Jean de Dieu d’Afanya.

« Quand l'Eglise ouvre la bouche des prédicateurs en de pareilles circonstances, écrivait Bossuet, ce n'est pas pour accroître la pompe du deuil par des plaintes étudiées, ni pour satisfaire l'ambition des vivants par de vains éloges des morts. La première de ces deux choses est trop indigne de sa fermeté; et l'autre, trop contraire à sa modestie. Elle se propose un objet plus noble dans la solennité des discours funèbres: elle ordonne que ses ministres, dans les derniers devoirs que l'on rend aux morts, fassent contempler à leurs auditeurs la commune condition de tous les mortels, afin que la pensée de la mort leur donne un saint dégoût de la vie présente, et que la vanité humaine rougisse en regardant le terme fatal que la Providence divine a donné à ses espérances trompeuses.

Ainsi n'attendez pas […], que je vous représente aujourd'hui, ni la perte de notre Eglise diocésaine, ni la juste affliction de tout ce peuple, à qui la mort ravit un pasteur qui les a si aimés et servis.

Toutefois, il faudra reconnaître,

Qu’un magnifique baobab vient de s’écrouler.
Son ombrage si doux s’est brusquement envolé
Et nous ne pourrons plus admirer son sourire, son accueil, sa gentillesse, sa patience, son héroïque sérénité. Il nous a été enlevé.

Il était pour nous un gentil grand-frère

Qui savait les mots pour nous parler et savait se taire

Qui pansait tous nos maux quand on souffrait
Qui nous faisait rire quand on était affligé.

Aujourd’hui tous nos cœurs tristes sont endeuillés
Nous ne devons pas laisser cette icône partir ainsi.
Dans nos cœurs son image et son affection resteront intactes
elles pourront continuer à briller tout le temps.

En pareille circonstance, le devoir de chacun de nous est de se tourner vers le créateur pour implorer sa miséricorde pour ceux qui nous quittent. « Le Seigneur a donné et le Seigneur a repris » (Job 1, 21). A lui, et à lui seul revient toute gloire, car c’est Lui le Souverain du souffle


La disparition du TRP Emmanuel Vossah (Recteur et Vicaire Général) a provoqué l’émoi dans le corps professoral. Sa mort laisse un vide que rien d’autre ne pourra combler.
Que pourrons-nous retenir de la vie de l’illustre disparu ?

Homme de conviction, d’engagement, d’abnégation, du travail sans repos…
Il conformait sa conduite sacerdotale aux principes du Code d’humanisme ; son premier souci était de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé tant physique que mentale dans toutes les personnes.
Il respectait toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état et leurs convictions.


Notre diocèse vient de perdre une personnalité de taille, un pilier de renom.
De ce point de vue, nul ne peut mieux témoigner que les professeurs, ses anciens séminaristes aujourd’hui au Grand Séminaire Benoît XVI de Tchitchao et à la Propédeutique Saint Paul de Notsé, ou encore ses collaborateurs que nous sommes et qui le pleurons à ce moment.


La mission de Recteur pour lui était un ministère. Et le respect des confrères, des formateurs, bref de la personne humaine était sa préoccupation. Il soignait ses cours avec la même conscience, toujours avec aménité et correction. Son souci primordial était de conserver dans les séminaristes la doctrine chrétienne et de les amener à la culture générale.


Respectant ainsi ses devoirs envers les jeunes, les formateurs, les professeurs externes, il se souvenait toujours qu’une personne n’est pas seulement un cas parmi tant d’autres, mais aussi un être humain qui souffre et qui cherche simplement un réconfort. Il a toujours entretenu des rapports de confraternité dans l’exercice de sa charge pastorale. À un confrère qui lui demandait de lui offrir les pairs de chaussures qu’il portait le vendredi 10 Janvier, il répondît « Je mettrai ta demande dans mon testament » comme s’il savait qu’il allait nous quitter très bientôt.

Dans ses rapports avec les jeunes surtout ses séminaristes, il a toujours respecté la dignité et l’autonomie de ceux-ci et jusqu’à la fin de sa vie, je peux le dire ; car, la veille de sa mort, discutant avec un séminariste aux environs de 19h40, ce dernier lui faisait la remarque suivante : « Mon père à vous voir, on vous sent fatigué et malade ; mais vous refusez d’aller à l’hôpital ». Et sa réponse : « T’inquiète pas je vais aller demain à Afanya ; même si la mort venait, il faudra l’accueillir ».


Respectueux et reconnaissant, il l’était envers ses aînés dans le sacerdoce et même envers les jeunes ordonnés. Il avait toujours le courage de douter de lui-même et de ne jamais prendre, pour ses séminaristes, le risque d’une erreur qui pourrait mettre leur vocation en péril ; il faisait tout pour obtenir, par tous les moyens possibles, ce qu’il faut pour le besoin de ces jeunes. Pour tout ce que Père Emmanuel a fait, le corps des formateurs et des professeurs lui sera à jamais reconnaissant; il s’engage à porter toujours haut le flambeau allumé et a avoir toujours une attention bienveillante aux jeunes que l’Eglise lui confie pour les former.

Bon nombre se pose l’ultime question : « il a eu quoi ce géant homme ? » Le vendredi 10 janvier, le père me confiait qu’il avait une lourdeur au niveau de la tête. Et ma réponse, à lui adressée, est de prendre un repos mérité après les tracas de l’Assemblée Générale. Mais à ma grande surprise, le samedi 11, il se rendit au cinquantième anniversaire de mariage de la famille Kouikouzou à Kpémé. Le dimanche 12 Janvier, trois jours avant sa mort, dès 05H30, il prît la route d’ Atakpamé pour présider à la messe d’action de grâce d’une religieuse qui a fait ses vœux perpétuels le 07 décembre. Je le revois encore dans sa RAV4 en train de partir en m’agitant la main. Dans la soirée, je luis ai proposé de prendre une semaine de repos et nous allons à tour de rôle dire les messes en semaine à sa place car c’était lui qui était de tour pour le service. Ce qu’il accepta avec son habitude exclamation « Nyawoa fada ? Akpé !!! »

Nous sommes au lundi 13 janvier, le matin, le père n’avait pas participé à la messe. Nous pensions que la fatigue de la veille l’a obligé à prolonger son sommeil. A notre grande surprise, il était déjà debout et, à 07h 40, il me demanda de l’accompagner à l’hôpital de Vogan pour un test de glycémie car disait-il : « Je bois beaucoup ces dernier temps et j’évacue de la même manière ». Nous y sommes allés après le petit déjeuner. Dans l’après-midi, les résultats n’étant pas ce que l’assistant attendait, il lui a été demandé une autre analyse à jeun le lendemain. Un fait me reste très fort à l’idée : c’est qu’au retour de l’hôpital ce lundi, nous avons pris des noix de coco (lui 07 et moi 05). J’ai remarqué qu’il transpirait beaucoup.

C’est ainsi que le mardi 14 janvier très tôt, le Père Emmanuel partit seul pour les analyses. Et dès son retour nous avons pris la route pour Aného. Mais avant il nous disait qu’il se sentait toujours fatigué ; mais compte tenue de la passation de service entre le nouveau vicaire épiscopal chargé du laïcat et lui (l’ancien), il devait s’y rendre. Au retour, le Père était pressé d’aller prendre le résultat des analyses et moi, je lui proposai d’aller à Afanya tout de suite après. Avec un sourire, comme d’habitude, il me disait « Demain Fada, tu m’accompagneras à Anyrokopé, puis à Afanya car nous avons une réunion avec un groupe de prêtres et de religieuses. Après je resterai quelques jours pour me reposer et faire le bilan de santé. Mais toi tu ramèneras la voiture pour que je ne sois pas tenté de revenir de si tôt. » Puis il ajouta « Je te ferai signe si je devais avoir besoin de quelque chose ». Sur ces paroles nous sommes rendus à l’Hôpital de Vogan où l’attendaient les résultats des analyses. Même l’assistant disait: « Mon Père vous ne venez plus jouer au gaillard club… » Et lui de répondre : « Mes charges actuelles ne me permettent plus de jouer régulièrement mais je compte reprendre bientôt. Tout d’abord avec la marche pour reprendre l’élan… » Et nous sommes rentrés.

Le mercredi 15, il est de notre habitude de dire la messe le soir. Alors après les laudes (la prière du matin) avec les séminaristes, je m’apprêtais, pour le départ quand un des séminaristes courut m’appeler pour me dire « La manière dont le Père respire est étrange… ». Dépêchés vers sa chambre, nous l’avons appelé, mais il ne répondait pas. Alertés les autres confrères ont couru sur les lieux. Il a fallu défoncer sa et, parce que le service d’ambulance de l’hôpital ne donnait aucune réponse rassurante. Nous l’avons transporté par la voiture du Benoît en direction de l’hôpital. Et c’est à 10 minutes d’Afanya que notre confrère, grand frère et ami a rendu l’âme en regagnant la maison du Père céleste.

Auguste assemblée, vous conviendrez désormais avec nous que la mort du TRP Emmanuel Komlan Vossah est un coup dur et une grosse perte pour notre jeune diocèse. Cependant, nous nous souvenons tous de ce que disait saint Ambroise dans son homélie pour l’anniversaire de la mort de son frère : « L’homme, condamné pour sa désobéissance à un travail continuel et à une désolation insupportable, menait une vie devenue misérable. Il fallait mettre fin à ses malheurs, pour que la mort lui rende ce que sa vie avait perdu. L’immortalité serait un fardeau plutôt qu’un profit, sans le souffle de la grâce. »

Dans cet ordre d’idée, nous pourrons dire que l’âme du Père Emmanuel a quitté le labyrinthe de cette vie et la frange de ce corps, pour tendre vers l’assemblée du ciel. Elle peut désormais chanter la louange de Dieu dont nous parle le livre de l’Apocalypse : « Grandes et merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur, Dieu tout-puissant : justes et véritables sont tes chemins, Roi des nations. Qui ne te craindrait, Seigneur, à ton nom, qui ne rendrait gloire ? Car toi seul est saint. Toutes les nations viendront se prosterner devant toi. (Apc15, 3-4). L’âme du Père Vossah pourra désormais voir les noces de Jésus où son épouse est conduite de la terre jusqu’aux cieux, sous les acclamations joyeuses de tous.

A tous les confrères ici présents, nous demandons de continuer de témoigner sur les qualités de notre regretté confrère de générations en générations et surtout de suivre son exemple d’un prêtre toujours souriant, accueillant, libre de ses opinions et farouchement attaché à l’indépendance de sa fonction de Recteur et de Vicaire Général.


A toutes les personnes qui l’ont connu, soit comme membre des consulteurs, soit comme membre du conseil épiscopal, soit comme membre d’un conseil d’administration ici et là, proche de ses parents, amis et bienfaiteurs, nous demandons solennellement pardon pour les éventuelles offenses de l’illustre disparu. Comme il s’est comporté toujours selon l’honneur et la dignité de la vie chrétienne, resté fidèle à ses promesses baptismales et sacerdotales, que tout le monde lui accorde son estime et ne garde de lui que de très bons souvenirs.


A la famille biologique du confrère, tout en partageant la douleur de la séparation avec celui qui fut pour elle un véritable baobab, nous réitérons nos condoléances les plus émues et l’assurons de notre soutien dans la mesure du possible.


Au TRP Emmanuel Komlan Vossah, nous disons : merci confrère d’avoir été des nôtres ; merci d’avoir mis tout vos talents reçus de l’eternel Dieu au service du Moyen Séminaire, de notre diocèse, de notre pays, de l’Eglise et de l’humanité.


Que l’Eternel, Dieu de justice, sache vous récompenser.
Qu’il vous accorde un repos éternel et bien mérité dans son royaume céleste.

Adieu grand-frère Emmanuel Vossah, que ton âme repose en paix

Les Pères Formateurs du Séminaire

 

 
Monastère St. Esprit

ADJODOGOU

esprit

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